Démission fracassante de Zoumana N’Tji Doumbia de la CDS : Blaise paye pour sa gourmandise politique

« Je ne donnerai jamais l’opportunité à un membre de mon parti d’atteindre mon niveau de succès politique ou de le dépasser », aime à dire, souvent, le président de la Convention sociale démocrate (CDS-Mogotiguiya), Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, à en croire un de ses amis qui attribue, d’ailleurs, la démission de son unique député (Zoumana N’Tji Doumbia) à sa gourmandise politique. Cette information a été conformée par le député démissionnaire lors d’un entretien qu’il nous accordé suite à sa décision de quitter la CDS.
Pour n’avoir jamais été, lui-même, ministre depuis la création de son parti en 1996, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise s’est, toujours aussi, opposé aux propositions de promotion (pour rentrer dans le Gouvernement) faite à certains barons de son parti, nous affirme un de ses proches. Et selon la même source, à chaque fois que les différents gouvernements, qui se sont succédé de 1996 à nos jours, sont passés par lui pour la nomination d’un membre de son parti, sa méthode a été la même : il s’auto-propose ou à défaut, donne le nom d’un ami non membre de son parti. Mais, jamais, un membre de la CDS-Mogotiguiya. « De 1996, date de la création du parti à nos jours, les membres de ce parti ont reçu environ 6 propositions pour rentrer dans le gouvernement ou pour un poste nominatif influent. Mais, il se les accapare seul ou désigne une autre personne hors de la famille politique », affirme une source.
La preuve de cette information a été donnée par son unique député, Zoumana N’Tji Doumbia qui vient de virer au RPM suite à la brusque décision de son président de le destituer comme candidat choisi par la section de la CDS de Bougouni aux élections législatives de novembre prochain. Selon le député démissionnaire, Blaise l’ « accuse d’être RPM et de rouler pour la défense des intérêts du RPM ».Mais, à l’en croire, le fond du problème est la jalousie de Blaise qui veut lui prendre sa place de député à Bougouni, le fief électoral de la CDS- Mogotiguiya. Toujours, selon le député démissionnaire de la CDS-Mogotiguiya, ce n’est pas la première fois que Mamadou Bakary Sangaré s’oppose à ce qu’il a constuit au sein du parti.
Pour soutenir sa thèse, il a rappelé les circonstances de la nomination sous la transition en 2012 de Hamèye Founé Mahalmadane Touré, le 25 mars 2012, comme ministre des Sports dans le premier gouvernement de Cheick Modibo Diarra, puis ministre de la jeunesse et des Sports le 20août2012 dans le deuxième gouvernement de Cheick Modibo Diarra, avant d’être reconduit le 15décembre2012, à ce poste dans le gouvernement de Diango Cissoko.
Selon Zoumana N’Tji Doumbia, Hamèye Founé Mahalmadane Touré avait été proposé, à l’époque, au gouvernement sous la bannière de la CDS–Mogotiguiya en sa seule qualité de camarade de promotion au président du parti Blaise Sangaré. « A l’époque, le Gouvernement avait demandé à la CDS-Mogotiguiya de lui communiquer un nom pour rentrer dans l’équipe gouvernementale. J’ai été choisi à l’unanimité lors d’une conférence du parti par les membres de la CDS-Mogotiguiya. Et c’est mon nom qui a été communiqué au président du parti avec mon CV. Mais malheureusement, entre la maison du président et la primature, mes dossiers ont disparu et ont été remplacés par ceux du ministre Hamèye Founé Mahalmadane Touré », se rappelle Zoumana N’Tji Doumbia qui s’apprête à affronter son ancien président dans les urnes à Bougouni en faveur des élections législatives prochaines.
Zeid KEITA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *