Autorité intérimaire dans le Mandé: La population crie « y en a marre !» et exige la tenue des élections partielles

Installée le 24 janvier 2018 pour un mandat de 6 mois suite à l’annulation des élections communales du 20 novembre en commune rurale du Mandé, l’autorité intérimaire dirigée par Nouhoum Kélépily exerce dans l’illégalité depuis trois mois. Car son mandat de 6 mois est arrivé à terme depuis le 24 juillet 2018. Pire, en absence de toute décision officielle de renouvellement de mandat, l’équipe intérimaire communale tombe dans l’abus du pouvoir et outrepasse ses compétences en s’impliquant dans les affaires foncières que lui défendent les textes relatives à son statut. Face à cette illégalité et à ce vagabondage foncier entrepris par l’autorité intérimaire qui compromet l’avenir de la commune, les populations du Mandé (hommes politiques et société civile) sont sortis massivement, le samedi 27 octobre 2018, pour dire « stop » et exiger la tenue des élections partielles dans la commune.
C’était lors d’une assemblée générale organisée sur la question par le Groupement des associations et des partis politiques. La réunion a enregistré la présence des associations de femmes et de jeunes, des notables de la commune, des représentants et des responsables des partis politiques présents dans la commune du Mandé. Parmi ces partis, on peut, entre autres, citer l’UM-RDA, le PCR, le PRDT, le RPM, le MPR, la FCD, l’URD, l’UFD, le Pimb. Prévue pour se tenir dans la salle de conférence de la Maire de la commune du Mandé, ladite réunion, consacrée à la mise en place des stratégies d’attirer l’attention des autorités sur la situation de la commune, s’est finalement déroulée en plein air dans la cour de la Mairie. La raison : malgré une lettre de demande de la salle (en date 23 octobre 2018) aux fins de la tenue de l’assemblée adressée en bonne et due forme au président de l’Autorité intérimaire et l’engagement de payement des frais de location tel prévu par les textes, le chef de l’équipe de l’autorité intérimaire n’a pas daigné remettre les clés de la salle. Selon Aïssata Asko Traoré, présidente de l’Association des femmes leaders du Mandé, cette attitude du président de l’Autorité intérimaire est une déclaration de guerre et l’expression de son mépris envers les populations du Mandé. « Nous sommes, aujourd’hui, parce que nous nous battons pour que notre Mairie sorte de sa morosité qui n’a que trop duré », s’indigne la présidente de l’association.
A en croire, Amara Diallo, Secrétaire général du PCR dans la commune du Mandé, l’Autorité intérimaire dirigée par Nouhoum Kélépily fait, aujourd’hui, tout dans la commune sauf ce qui relève de sa compétence. « Une Autorité intérimaire est censé travailler avec les populations et même avec les partis politiques. Mais, personne ne connait, aujourd’hui, la feuille de route de l’Autorité intérimaire de la commune du Mandé. Leur mandat est dépassé de trois mois. Nous voulons, maintenant, être édifiés sur la date de la tenue des élections pour la remplacer», regrette le conférencier.

La Mairie du Mandé prise en otage !
Selon Boubacar Diarra dit Banfa de l’UM-RDA, cela fait près de deux ans depuis l’arrêt d’annulation des élections de novembre 2018 de la Cour suprême que la commune du Mandé souffre d’un vide institutionnel légitime. « Les Autorités intérimaires ne peuvent rien faire de sérieux dans la commune. Car, leur mandat et leur compétence sont limités. Elles ne peuvent gérer aucune affaire sérieuse. Or, nous voulons faire avancer notre commune. Nous avons besoin des autorités compétentes et légitimes pour faire face aux préoccupations des populations », a dit Mr Diarra, avant d’informer l’assistance qu’une lettre contenant cette préoccupation des partis politiques a été adressée le 4 octobre dernier au préfet de Kati.
A en croire le conférencier, l’Autorité intérimaire dans la commune du Mandé n’a même pas le droit de voir son mandat renouvelé à plus forte raison régner dans l’illégalité. « Car, les élections communales de novembre 2016 ont été annulées dans la commune du Mandé non pas par insécurité mais sur plainte de certains candidats. Normalement, on ne devrait pas mettre tout ce temps pour mettre en place un nouveau conseil communal. Rien ne doit bloquer la tenue des élections partielles dans la commune du Mandé », dénonce Banfa.
Alors question : l’Etat a-t-il abandonné son rôle de garant des lois de la République pour laisser sévir dans l’illégalité dans le Mandé une autorité intérimaire en dépassement de mandat de trois et en absence de toute décision officielle de renouvellement de son mandat ?
En tout cas, la population du Mandé dit désormais, « niet » et promet de ne plus lâcher le combat jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil communal pour faire tourner normalement les activités de la Mairie. A la fin de la rencontre du samedi dernier, il a été convenu de mettre en place, sans délai, une commission qui va, prochainement, définir les stratégies à adopter pour mener le combat de la tenue des élections partielles jusqu’au bout.
Zeid Kéïta

 

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